EnRacine 101 : Le marché du carbone et la reforestation sociale ‒ Partie 1

Des processus rigoureux de cartographie et de surveillance sont effectués chaque année pour s'assurer de la conformité des projets de reforestation.

À titre d’organisme de compensation carbone attitré de Cascades, nous, EnRacine, publions une série de deux billets de blogue afin de démystifier le marché du carbone et de vous faire part de notre projet de reforestation sociale.

Brève histoire de la compensation carbone

Si la plupart connaissent la compensation carbone depuis peu, elle existe pourtant sous une forme ou une autre depuis plus de 20 ans. Dans les années 1970 et 1980, des scientifiques ont découvert que la température moyenne de la Terre augmente à une vitesse alarmante. Cette hausse est attribuable aux gaz à effet de serre (GES) – et particulièrement au dioxyde de carbone (CO2) – que les activités humaines, telles la combustion des combustibles fossiles, la déforestation et l’agriculture, émettent dans l’atmosphère. Il ne faisait alors aucun doute que nous devions considérablement réduire nos émissions afin de lutter contre les changements climatiques et le réchauffement planétaire.

Parmi les solutions proposées, l’une d’elles visait l’imposition d’un coût aux émissions de GES. À partir de ce concept, un marché de vente et d’échange de crédits de carbone a été mis sur pied; il permet essentiellement à une entité de compenser ses émissions de GES en payant quelqu’un pour réduire ou séquestrer des émissions ailleurs.

Marchés volontaire et réglementé

Les crédits de carbone font l’objet d’un marché réglementé en Europe, en Australie, en Californie et maintenant au Québec, et d’un marché volontaire partout dans le monde. Au sein du vaste marché réglementé, les entreprises, les gouvernements ou les autres types d’organisations achètent des crédits de carbone afin de respecter les plafonds imposés quant aux quantités totales de gaz carbonique qu’ils peuvent émettre.

Au sein du marché volontaire qui est beaucoup plus modeste que le marché réglementé, les individus, les organisations ou les gouvernements achètent des crédits de carbone afin d’atténuer leurs propres émissions de GES générées par le transport, la consommation d’électricité et d’autres sources. EnRacine exerce ses activités uniquement dans le cadre du marché volontaire.

État actuel du marché du carbone

Le marché volontaire du carbone connaît une croissance phénoménale depuis quelques années. Il a atteint la valeur record de 424 M$ US en 2010, ce qui représente la séquestration d’environ 131 millions de tonnes d’équivalents CO2 (Mt CO2e), soit plus que toutes les émissions du Vietnam[i]. Par ailleurs, quelque 30,1 Mt CO2e sont attribuables aux crédits vendus par des projets de carbone forestier[ii]. Ces résultats démontrent que malgré l’incertitude politique et économique, le monde entier est bien déterminé à contrer les changements climatiques.

Le marché réglementé du carbone a une bien plus grande envergure : il a permis la séquestration de 8 700 Mt CO2e en 2009 (un nombre supérieur aux émissions de toute la Chine), ce qui représente une valeur de 143 735 M$ US[iii]. Bien qu’il n’existe aucun marché réglementé pancanadien, le Québec a récemment suivi l’exemple de la Californie en adoptant un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de GES nommé la Western Climate Initiative, système qui entrera en vigueur en 2013. Même si le système ne s’applique qu’aux établissements émettant 25 000 tCO2e par année ou plus, les petites et moyennes entreprises sont de plus en plus sensibilisées à l’importance de compenser leurs émissions et prennent volontairement des mesures en ce sens.

Types de crédits de carbone

Il existe plusieurs moyens d’obtenir des crédits de carbone, incluant les projets de foresterie, les énergies renouvelables (comme les parcs éoliens, l’énergie de biomasse ou les barrages hydroélectriques), les projets d’efficacité énergétique, la destruction de polluants industriels ou de sous-produits agricoles et le brûlage du méthane produit par les sites d’enfouissement. Dans le cas d’EnRacine, ses crédits de carbone sont générés par le biais de ses projets de reforestation sociale au Nicaragua, qui sont conformes au standard Plan Vivo. Plan Vivo constitue le premier programme indépendant de certification des projets de carbone forestiers. Il s’agit de la seule norme qui oblige les projets à verser des fonds directement aux communautés, incite les organisations à passer à l’action et veille à ce que les participants locaux tirent profit des initiatives.

Surveillez notre prochain billet pour en savoir plus sur notre projet. N’hésitez pas à formuler vos commentaires!

 


[i] PETERS-STANLEY, Molly. et al. « Back to the Future: State of the Voluntary Carbon Markets 2011 », Ecosystem Marketplace et Bloomberg New Energy Finance, juin 2011, p. iii.

[ii] Diaz, David. et al. « State of the Forest Carbon Markets 2011: From Canopy to Currency. Executive Summary », Ecosystem Marketplace, septembre 2011, p. iii, [en ligne]. [http://www.forest-trends.org/documents/files/doc_2975.pdf]

[iii] KOSSOY, Alexandre et Philippe AMBROSI. « State and trends of the Carbon Market 2010 », Carbon Finance, p. 1, [en ligne]. [http://siteresources.worldbank.org/INTCARBONFINANCE/Resources/State_and_Trends_of_the_Carbon_Market_2010_low_res.pdf]

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À propos de l'auteur
Brooke van Mossel-Forrester

Brooke détient un baccalauréat en communications, avec une mineure en histoire de l’art (Art Studio) ainsi qu’un diplôme d’études supérieures en développement économique communautaire de l’Université Concordia. Elle a travaillé pendant 4 ans comme agente de communications web pour Icsid et Icograda. Au sein d’EnRacine, elle met à contribution ses talents de communicatrice et de designer et son vif intérêt pour l’environnement et le développement communautaire. En travaillant avec l’équipe d’EnRacine, Brooke contribue à renforcer un mouvement qu’elle juge essentiel à la protection et la survie de notre planète.

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2 commentaires
  1. Clément Trumeau at 7:07

    Très intéressant billet. Pouvez-vous plus nous éclairer sur le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de GES qui entrera en vigueur en 2013 ? En quoi consiste-t-il ?

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