EnRacine 101 : Le marché du carbone et la reforestation sociale – Partie 2

Chaque agriculteur participant gère sa propre pépinière avec l'aide de sa famille et de voisins embauchés grâce aux paiements d'EnRacine.

Dans cette dernière partie d’une série de deux billets de blogue, EnRacine vous présente son projet de reforestation sociale au Nicaragua.

Au moment de créer EnRacine en 2007, les fondateurs de notre organisme avaient un objectif en tête : contribuer à la reforestation du Nicaragua. À peine cinq ans plus tard, nous avons réussi à faire notre place dans le monde de la compensation carbone en lançant un projet de reforestation sociale révolutionnaire.

Les conséquences des changements climatiques

Si le marché du carbone connaît une expansion notable, il n’arrive toutefois pas à compenser le volume croissant d’émissions produites chaque jour. Aux quatre coins du monde, les graves conséquences des changements climatiques se manifestent déjà, et on constate malheureusement que les pays qui produisent le plus d’émissions sont ceux qui s’en ressentent le moins. Dans les pays en développement – où de nombreuses personnes dépendent directement de leur écosystème naturel pour assurer leur subsistance –, les sécheresses, les inondations et les tempêtes dévastatrices se multiplient. De plus, ces pays ont rarement accès aux ressources financières, organisationnelles et techniques nécessaires pour faire face et s’adapter aux conséquences des changements climatiques.

Concilier développement économique et durabilité

EnRacine reconnaît que le marché volontaire du carbone lui fournit un moyen durable pour atteindre son objectif : la reforestation comme outil pour restaurer les écosystèmes, améliorer les moyens de subsistance et lutter contre les changements climatiques.

Voilà ce qui a motivé la création du Projet communautaire de carbone Limay, une initiative de reforestation sociale menée au Nicaragua par laquelle EnRacine travaille avec les petits agriculteurs afin de reboiser les portions sous-utilisées de leurs terres. Les agriculteurs participants reçoivent des paiements réguliers pour entretenir efficacement les arbres dont ils sont responsables. EnRacine peut également accorder des prêts sans intérêt à ces agriculteurs pour les aider à couvrir les frais liés à la création d’une pépinière, de même qu’à la plantation et à l’entretien de leurs arbres.

Conformément au standard Plan Vivo (consultez la partie 1 de cette série de deux billets pour en savoir plus), nous veillons à répondre aux besoins socioéconomiques des agriculteurs participants et à n’utiliser que des arbres indigènes; de plus, nous intégrons toujours des essences qui se prêtent à la récolte de bois de chauffage et de bois d’œuvre, des matériaux essentiels pour les familles en milieu rural. Nous installons aussi des fours de cuisine écoénergétiques chez les participants, ce qui permet de réduire les besoins en bois de chauffage.

Pourquoi planter des arbres au Nicaragua?

Les arbres sont composés à 50 % de carbone. Au moyen de la photosynthèse, ils absorbent le dioxyde de carbone (CO2) dans l’air et l’entreposent dans leurs tissus avant de le libérer sous forme d’oxygène. On met donc de 12 à 19 % des émissions totales de CO2 sur le compte de la déforestation (le pourcentage varie selon les études). Ainsi, notre projet de reforestation permet à la fois d’absorber les émissions de CO2 grâce à la plantation d’arbres et d’éviter celles‑ci en freinant la destruction des forêts existantes.

En outre, il s’avère dix fois plus efficace de planter des arbres dans un milieu tropical comme le Nicaragua plutôt qu’en Amérique du Nord. En l’absence d’hiver, certains arbres peuvent atteindre six pieds en moins de six mois! Avec leur grande capacité à absorber le carbone, il va sans dire que les arbres sont des alliés inestimables dans la lutte contre les changements climatiques.

Notre succès en chiffres

Depuis ses débuts en 2007, EnRacine a fait des pas de géant. En 2010-2011, nous avons planté plus de 205 000 arbres sur une superficie équivalant à 217 terrains de soccer. Ces mêmes arbres permettront de capturer plus de 46 000 tonnes de CO2, soit la quantité produite par 9 200 voitures sur20 000 km. Les crédits de carbone générés en 2010‑2011 ont permis de dégager 144 000 $ en paiements futurs à la communauté.

En 2012, c’est près de 307 000 arbres que nos agriculteurs participants planteront sur une superficie équivalant à 315 terrains de soccer. Ces arbres piégeront 66 700 tonnes de CO2 supplémentaires, ce qui correspond aux émissions de 13 340 voitures sur20 000 km. Les ventes de ces crédits de carbone apporteront près de 220 160 $ de plus à la communauté. Voilà qui éclipse les résultats de toutes les années précédentes réunies!

Les crédits de carbone d’EnRacine

Grâce à son projet de reforestation, EnRacine génère des crédits de carbone certifiés qui sont vendus aux particuliers et aux entreprises du monde entier.

Cela dit, la responsabilisation à l’égard de notre empreinte carbone ne constitue pas une excuse pour continuer comme si de rien n’était. Dans cette optique, nous aidons nos clients et partenaires à calculer leur empreinte carbone; d’une part, pour qu’ils ciblent les possibilités de réduction immédiates; d’autre part, afin qu’ils se fixent des objectifs de réduction pour les années à venir. Nous compensons ensuite leurs émissions inévitables, et finalement, nous les aidons à informer leur clientèle de l’importante décision qu’ils ont prise, celle de compenser leur empreinte carbone, en utilisant la trousse promotionnelle CO2 responsable.

EnRacine se réjouit de travailler avec des ambassadeurs du développement durable comme Cascades, une entreprise qui s’investit dans ce processus d’auto-évaluation et d’amélioration. Par son engagement à limiter au minimum son impact sur l’environnement, Cascades montre la voie à suivre, et nous espérons vivement que d’autres entreprises et organisations sauront relever le même défi.

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À propos de l'auteur
Brooke van Mossel-Forrester

Brooke détient un baccalauréat en communications, avec une mineure en histoire de l’art (Art Studio) ainsi qu’un diplôme d’études supérieures en développement économique communautaire de l’Université Concordia. Elle a travaillé pendant 4 ans comme agente de communications web pour Icsid et Icograda. Au sein d’EnRacine, elle met à contribution ses talents de communicatrice et de designer et son vif intérêt pour l’environnement et le développement communautaire. En travaillant avec l’équipe d’EnRacine, Brooke contribue à renforcer un mouvement qu’elle juge essentiel à la protection et la survie de notre planète.

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