La mousse de polystyrène, le réel ennemi?

La mousse de polystyrène, plastique « ingrat » selon la croyance populaire, est employée à toutes les sauces. Contenants pour aliments, emballages de protection, formes profilées, glacières portatives, isolant thermique, vaisselle, cette matière nous entoure. La mousse de polystyrène a souvent mauvaise presse, mais mérite-t-elle vraiment sa réputation? Et si on vous disait que la mousse de polystyrène peut s’avérer un choix d’emballage écoresponsable, seriez-vous surpris? Choqués? Sceptiques?

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Une analyse simple, efficace et surtout révélatrice!

Chez Cascades, nous fabriquons, entre autres, des emballages alimentaires en plastiques transparents (PET), en mousse de polystyrène (XPS) et en pâte moulée (MP). En 2009, nous nous sommes demandés quels étaient leurs impacts environnementaux. Nous avons pris les grands moyens en mandatant le CIRAIG, université spécialisée dans le domaine, pour qu’il effectue l’analyse du cycle de vie (ACV) de nos produits d’emballage alimentaire.

Le CIRAIG évalue l’analyse du cycle de vie selon le parcours qu’aura la matière première jusqu’à sa fin de vie. Les impacts considérés sont la santé humaine, les écosystèmes, les changements climatiques, l’épuisement des ressources, l’acidification aquatique et l’eutrophisation aquatique. Un tableau comparatif, résumant les résultats de chaque produit pour tous les critères d’évaluation, démontre des conclusions inattendues…

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Des résultats qui étonnent

L’ACV, dans le contexte mentionné ci-haut, a démontré que la mousse de polystyrène n’a pas une empreinte environnementale aussi grande que les gens se l’imaginent. En fait, c’est elle qui a le moindre impact sur l’environnement parmi nos produits étudiés. Les résultats de cette analyse démontrent que la fabrication des barquettes (matières premières et transformation en barquettes) a beaucoup plus d’impact que leur fin de vie (enfouissement, recyclage, compostage, etc).

Par conséquent, les barquettes qui utilisent moins de ressources pour leur fabrication sont généralement les choix les plus écologiques. Comme la mousse de polystyrène est composée à plus de 90 % d’air, la quantité de matières premières nécessaire à sa fabrication est plus minime que pour les autres produits ayant la même utilisation.

Cascades fait usage d’énergie renouvelable pour la fabrication de ses produits en plastiques transparents ou en mousse de polystyrène au Québec. De ce fait, l’utilisation de ce type d’énergie, comme l’hydroélectricité, a significativement moins d’impact sur notre environnement que celle basée sur le charbon ou l’énergie nucléaire.

En ce qui concerne la fin de vie du produit, la mousse de polystyrène se positionne très favorablement. En effet, la mousse de polystyrène est un matériau inerte, elle ne libère donc aucun produit chimique comme peuvent le faire d’autres matériaux durant leur décomposition. Étonnant, non?

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Comprendre cette mal-aimée…

Voici quelques faits illustrant le peu d’impact relatif que peut-avoir la mousse de polystyrène :

  • Un filet de porc du Québec de 500 g emballé dans une barquette de polystyrène a produit 40 fois plus de CO2 équivalent que la barquette elle-même.
  • Conduire 50 km en voiture émet plus de CO2 équivalent que les barquettes de polystyrène que vous utilisez en un an.
  • Utiliser un BBQ durant une minute produit plus de CO2 équivalent qu’une barquette de polystyrène.

Alors, la mousse de polystyrène mérite-t-elle vraiment l’étiquette qui lui est apposée? Elle n’est pas la matière menaçante qu’on croyait, n’est-ce pas?

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Le PET recyclé post-consommation : comment être responsable

Depuis cette analyse du cycle de vie, Cascades a intégré de la matière recyclée dans la fabrication de ses emballages, dont du PET recyclé post-consommation (RPET) dans ses emballages alimentaires à plastique clair. Une première importante : nous avons aussi conclu une entente exclusive d’approvisionnement de polystyrène (PS) recyclé post‑consommation de source commerciale avec Nextlife – plus de détails ici.

Vos commentaires? Ils sont les bienvenus!

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À propos de l'auteur
Michel Iliesco

Michel est spécialisé en gestion marketing et développement des affaires. Il œuvre au sein de Cascades Groupe Produits Spécialisés depuis 2007. Michel est activement impliqué dans une variété de projets pilotes, notamment touchant la récupération et le recyclage des plastiques. Le développement durable est pour lui synonyme d’un juste équilibre entre les gens, l’environnement et l’économie. Michel est diplômé de l’Université de Montréal en marketing et commerce international. Il détient aussi un MBA des HEC. Une des raisons ayant incité Michel à joindre Cascades : l’entreprise partage ses propres valeurs de prédilection, soit le respect, l’autonomie et l’entrepreneuriat. Comme il le dit souvent : il faut oser et essayer pour savoir, examiner les choses sous diverses perspectives, être curieux afin de progresser … et si jamais!

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2 commentaires
  1. Laurent Calvayrac at 12:34

    Cette article et cette étude s’avèrent très intéressants. Néanmoins, au vu des résultats et si je devais faire un choix, j’opterai pour les pâtes moulées. Plus chères à la production donc à la vente ? … Je ne sais pas, à vous de me le dire 😉

    • Michel Iliesco
      Michel Iliesco Auteur at 9:07

      Bonjour Laurent, d’un point de vue économique, la mousse de polystyrène est généralement la plus avantageuse. La pâte moulée est moins polyvalente dans son utilisation et a plus de contraintes opérationnelles pour les emballeurs que, par exemple, la mousse de polystyrène. En fait chaque emballage a des propriétés physiques spécifiques et les chaînes d’emballage y sont spécifiquement adaptées. Bien sûr, le choix final revient à l’utilisateur, selon ses préférences!

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