Coup de cœur pour des écoentrepreneurs : Amor Fati, des jumeaux se lancent en affaire en réutilisant du vieux bois

 

Simon et Guilhem, écoentrepreneurs sherbrookois, fondateurs de l'entreprise Amor Fati.

Simon et Guilhem, écoentrepreneurs sherbrookois, fondateurs de l’entreprise Amor Fati.

 

Votre entreprise Amor Fati est inspirée du travail de votre père qui était artisan tapissier. Comment cette idée de réutiliser du vieux bois pour créer des pièces uniques vous est-elle venue?

Simon : Depuis tout jeune, l’application que mon père donnait aux détails de confection de chacun de ses projets me fascinait. Le travail d’artisan est vraiment un travail d’artiste. L’amour du bois et le plaisir de créer sont, je crois, les deux éléments derrière l’idée de réutiliser du vieux bois. Est-ce une déformation professionnelle puisqu’étant historien tout ce qui représente un vestige du passé captive mon attention? Le vieux bois à un caractère noble que l’on veut préserver.

Guilhem : Le bois a toujours revêtu un caractère esthétique, noble et naturel qu’aucun autre matériau ne peut reproduire. Avant même d’avoir eu l’idée de réutiliser du vieux bois et tout spécialement du bois de grange, le bois dans son essence m’a toujours interpellé. Il y a ce je-ne-sais-quoi intraduisible dans le bois que nous tentons de revaloriser avec notre projet. Le souci du détail et la minutie dont a fait preuve mon père m’ont inculqué cette valeur d’excellence, pour ne pas dire de perfection, auquel je tente de répondre dans tous mes projets, que ce soit en philosophie, en littérature ou dans la confection de meuble ou d’articles.

Crédit photos : Amor Fati

Être en affaires avec son frère jumeau représente tout qu’un défi. Quels sont les principaux défis à relever lorsqu’on travaille avec son frère?

Simon : Je te dirais que le principal défi c’est de tempérer notre enthousiasme. C’est tellement plaisant de travailler avec quelqu’un qui a le même regard sur le projet. Nous avons développé une complicité depuis toujours, ce qui permet d’éviter beaucoup de malentendus. La division des tâches se fait de soi, puisque nous connaissons la force de chacun. Guilhem a plus de compétences quant à la fabrication de meubles alors que moi j’en ai plus concernant la gestion de projets.

Guilhem : Défis à relever? Les défis auxquels nous faisons face ne sont pas envers l’un et l’autre, bien au contraire! Il y a de cette complicité que nous avons toujours eue qui s’actualise dans un projet comme celui d’Amor Fati. Nos compétences et habilités prennent chacune leur place sans que nous ayons vraiment à faire de compromis. Et sachez que je ne partirais en affaires avec personne d’autre que mon frère!

Simon, tu poursuis présentement ton doctorat en histoire et Guilhem, ta maîtrise en philosophie : comment arrivez-vous à trouver du temps pour bricoler ensemble?  

Simon : C’est une très bonne question! En fait, je dors de moins en moins! Blague à part. Ça demande une bonne gestion de son temps. Mais comme nous sommes une équipe, lorsque j’ai eu besoin de plus de temps à consacrer à mon doctorat suivant des échéances particulières, Guilhem a pris davantage le projet en main. Je participe toujours, puisqu’il y a tout le temps un travail que je peux faire derrière mon bureau. Je dois dire aussi qu’Amor Fati est aussi un projet qui équilibre ma vie. Je suis souvent dans un mode de travail intellectuel (que j’aime beaucoup d’ailleurs), mais il est rafraîchissant de travailler et de créer avec ses mains.

Guilhem : Il faut savoir bien gérer son temps, ce n’est pas un secret, et c’est une chose que nous apprenons tous lorsque nous faisons des études supérieures. Le travail manuel permet d’avoir un certain équilibre en regard avec le travail intellectuel, mais il tient aussi un rôle créatif essentiel pour moi, que je retrouve également en philosophie, un autre sujet qui me passionne. Quand l’un ne peut pas répondre à certaines tâches, l’autre prend la relève et vice versa.

 Crédit photos : Amor Fati

Sur votre site web, les gens intéressés peuvent proposer leurs propres projets. C’est une idée géniale et, surtout, audacieuse. Avez-vous déjà reçu des demandes comiques ou difficilement réalisables?

Simon : Nous avons reçu plusieurs demandes de projets personnalisés. La plus comique n’a pas tant été dans le projet demandé que dans la manière de poser les questions. Par exemple, les gens nous demandent parfois : « Combien coûte faire une table? » On aimerait répondre : « entre 300 $ à 15 000 $ ». Les gens ne sont pas très spécifiques, nous devons donc les amener à préciser ce qu’ils veulent.

Guilhem : Nous avons reçu des demandes audacieuses, en effet! Le but est toujours de créer des produits uniques et durables. Comme nous avons les matériaux et l’expertise, il nous semblait naturel d’offrir ce service. De plus, il faut avouer que c’est beaucoup plus intéressant d’avoir un produit personnalisé qui s’adapte à son environnement, autant pour les dimensions que pour l’esthétique. Une alternative à l’uniformisation, disons!

Demandes comiques, eh bien nous avons eu plusieurs soumissions, mais la plus comique (en plus d’être difficilement réalisable) est celle d’un ami qui voulait une table dont l’assise était formée d’un tronc d’arbre et les supports pour la vitre se composaient de plusieurs branches! Je l’ai regardé en me demandant s’il était sérieux! Il m’a répondu : « Oui, comme dans le film Le Seigneur des anneaux ». L’idée était comique, assurément!

Vous utilisez des matières recyclées et vous souhaitez donner une deuxième vie à des matériaux qui auraient pu prendre le chemin du dépotoir. Auriez-vous une confession écolo à nous partager? Comme personne n’est parfait, de quelle manière aimeriez-vous améliorer vos habitudes quotidiennes en termes de réduction des matières résiduelles? On jase, là.

Simon : Alors je me confesse, j’aimerais savoir avec plus d’exactitude ce qui va dans le bac de recyclage. Je ne sais pas si ce que j’ai dans la main se recycle… Aussi, j’aimerais connaître davantage la provenance des produits que j’achète en magasin, car la conscience écologique se traduit aussi/surtout par une consommation responsable.

Guilhem : Ma confession écolo : je ne suis pas un activiste environnementaliste, mais la conscience de mon environnement, et ce, à tous les niveaux, a toujours été importante. Je dois avouer que je pourrais améliorer mes petits gestes quotidiens!

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À propos de l'auteur
Florence Côté-Fortin

Florence est conseillère en communication chez Cascades depuis 2014. Elle a obtenu un baccalauréat en communication, rédaction et multimédia - Profil coopératif de l’Université de Sherbrooke. Curieuse de nature, ses tâches de conseillère en communication l’amène à en apprendre tous les jours sur divers sujets. « J’aime partager avec des Cascadeurs qui œuvrent dans des domaines complètement différents du mien. Je crois que cette qualité est nécessaire lorsqu’on travaille dans des domaines reliés aux communications. Je suis fière de travailler pour une entreprise responsable, humaine et transparente. Cascades possède une couleur bien a elle, c’est, à mon avis, un fleuron au Québec. »

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