Le plastique, c’est fantastique… Première partie

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Dans ce billet, nous allons essayer de cerner ce qui pose problème quant au recyclage des plastiques. Pour bien comprendre le tout, il est important de comprendre de quel plastique on parle. Dans la première partie de ce billet, nous allons faire le tour des différents plastiques que l’on est susceptible de retrouver chez nous. Nous verrons, en deuxième partie, les raisons pour lesquelles beaucoup de plastiques sont difficiles à recycler. Enfin, en troisième partie, les solutions qui existent… ou qui sont à la veille d’exister!

 

Beaucoup de gens restent perplexes lorsque vient le temps de recycler les plastiques. Avec raison d’ailleurs, car savoir exactement quoi faire avec cette matière relève du défi. Pourtant, les plastiques, pour la plupart, sont recyclables… Alors pourquoi cela semble être une quête du Graal à chaque fois que nous devons en disposer?

 

C’est ce que nous allons voir.

Premièrement (et à l’instar de toutes les matières recyclables), le recyclage du plastique n’aime pas le mélange des genres. Nous tous connaissons le logo appliqué sur les contenants et indiquant le numéro qui correspond à la famille de polymères utilisés pour fabriquer le produit : #1 = PET, #5 = PP…. Ces numéros indiquent que :

  • Ils sont recyclables
  • Ils sont numérotés en fonction du polymère utilisé

Ouais… Déjà, je sens que je vous perds. Les numéros sont la carte d’identité du plastique.

 

Plastique no 1

Débutons avec le no 1 = PET = Polyéthylène Téréphtalate = bouteille d’eau (les fameuses bouteilles qu’on retrouve partout, à usage unique). En tant que citoyen, on ne se soucie pas de connaître le nom scientifique du no 1, me direz-vous, on veut juste savoir si on peut le mettre au bac.

La réponse est oui. Pourquoi? Parce que le no 1 est un polymère qui est très facilement recyclable, et pas seulement pour faire d’autres bouteilles, mais aussi des contenants de toutes sortes et… des tee-shirts. Oui, oui, des vêtements!

 

Plastique no 2

Autre plastique : le no 2. C’est un Polyéthylène haute densité (HDPE dans son acronyme anglais pour High Density Polyethylene… en français ça donne PEHD). Il est très facilement recyclable. Des exemples de HDPE? Certaines bouteilles de produits de nettoyage, des palettes de manutention, des bidons de toutes sortes, etc. C’est un plastique très résistant. Donc, no 2 OK, dans le bac.

 

Plastique no 3

Le no 3 = PVC = un plastique qui a mauvaise presse parce qu’il contient du chlore (et qu’excepté dans la piscine, on n’aime pas le chlore). Il est aussi recyclable. D’ailleurs, ce n’est pas très conseillé de le jeter aux rebuts, vu que le chlore à la longue se dissout dans l’environnement, et la nature, elle non plus, n’aime pas le chlore.

 

Plastique no 4

Le no 4 = LDPE = le petit frère du no 2 : Polyéthylène basse densité (LDPE en anglais pour Low Density Polyethylene… PEBD en français ). Il est lui aussi très facile à recycler. Ce sont souvent les films plastiques (ceux qu’on utilise comme film plastique souple) ou une partie des sacs d’épicerie. En passant, le problème des sacs d’épicerie c’est qu’ils volent dans la nature (et non pas dans l’épicerie…) et c’est vraiment à cause de cela que l’on essaye de les bannir.

 

Plastique no 5

Le no 5 = Polypropylène. Des exemples : les plats « Tupperware ». Ce sont des plats qui vont au four micro-ondes, en général, ou bien beaucoup de bouteilles de produits comme le savon à vaisselle, etc. Facile à reconnaître sous sa forme de contenant alimentaire, car il est « laiteux » et non clair (enfin pour les contenants sans couleur… mais vous aviez compris). C’est recyclable!

 

Plastique no 6

Le no 6 = le polystyrène. C’est un plastique entièrement recyclable, mais qui pose un enjeu au niveau du transport. Sous forme de mousse, il est volumineux et léger et, par conséquent, il coûte cher à transporter. Donc l’enjeu ne se situe pas au niveau de la matière, mais bien au niveau de la logistique. Plusieurs centres de tri ne sont malheureusement pas encore adaptés pour ce type de produits, ce qui fait que la plupart des municipalités au Québec l’interdisent dans le bac (bleu, vert ou autre… Cochez selon votre ville).

 

Toutefois, la situation s’améliore : 54 villes canadiennes incluant des grands centres comme Toronto, acceptent déjà le Polystyrène en collecte sélective. L’accès au recyclage du PS autre que celui en mousse est de 44 % au Canada et de 32 % pour les emballages alimentaires en mousse de polystyrène. Même en Californie, en 2014, il y avait plus de 65 communautés offrant des services de récupération de mousse de PS, par le biais de la collecte en bordure de rue. Au Québec, la collecte se passe dans les écocentres des MRC de la Haute-Yamaska, Sherbrooke, Montréal à l’écocentre de Lasalle, la MRC du Haut-St-François, en centre de tri à Québec (s’ajoute aux 9 autres centres de tri municipaux du Bilan 2012). Les écocentres du Lac-Saint-Jean traiteront désormais le polystyrène.

 

Bon, si on résume : no 1, no 2, no 3, no 4, no 5, no 6 = RECYCLABLES.

Et là, j’en vois des petits futés qui se demandent si j’ai oublié le no 7 (ou « plastiques autres »).

Mais non je n’ai pas oublié, c’est justement le sujet de la deuxième partie… À suivre!

 

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À propos de l'auteur
Patrice Clerc

Patrice œuvre au sein de Cascades depuis 2003. Il a fait ses débuts dans l’entreprise comme chargé de projet pour le développement des marchés et des produits dans la division Cascades Groupe Produits Spécialisés pour ensuite agir comme directeur du développement de cette division. En 2007, il joint l’équipe de Cascades Récupération en tant que directeur approvisionnements et services, puis comme directeur du développement des affaires et des comptes. Patrice est connu pour sa grande détermination. Sa phrase fétiche est : « si c’est impossible, ça m’intéresse ». Très impliqué dans la gestion des matières résiduelles au Québec, il siège sur divers comités et est invité régulièrement comme conférencier lors d’événements relatifs à l’avenir de la récupération. Comme il le dit lui-même : « À quoi ça sert de connaître des choses si elles ne sont pas transmises ». Impliqué depuis 3 ans auprès du CFER d’Acton Vale, il partage sa passion de la récupération et du recyclage avec des jeunes de 14 à 18 ans. Il anime également des ateliers de « team building » en entreprise afin de donner aux gens les outils pour se définir en tant qu’humain. Il organise des randonnées en montagnes lors desquelles il donne des ateliers… tout en gravissant des sommets! « C’est l’effort et l’honnêteté de ce que l’on est qui font de nous des êtres créatifs ».

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2 commentaires
  1. Alex at 9:06

    Bonjour,
    Notez qu’il existe désormais une technologie québécoise de la compagnie Polystivert pour recycler le PS. Celui-ci est dissout sur place, ce qui nécessite dix fois moins de transport que la même quantité de polystyrène expansé.Ce projet bénéficie de nombreux partenaires dont Cascades.
    Alex.

    • Patrice Clerc
      Patrice Clerc Auteur at 2:33

      Effectivement Alex, nous connaissons bien Polystivert et nous collaborons ensemble pour développer et améliorer la récupération du polystyrène au Québec!

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