L’emballage et le gaspillage alimentaire

Alors que près de 60 % de la nourriture produite au Canada est gaspillée et que la production des aliments entraine le tiers des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, le gaspillage alimentaire occupe à l’évidence une place centrale dans le débat sur la préservation de l’environnement.

Les conseils abondent pour aider les consommateurs à diminuer leurs pertes à la maison (Sauve ta bouffe, MAPAQ). Les épiciers sont nombreux à remettre leurs surplus à des banques alimentaires (BAQ, FBC, Second Harvest). Certains distributeurs mettent aussi la main à la pâte en travaillant avec des experts en écoconception pour développer des solutions d’emballage qui prolongent la durée de vie des aliments. Des solutions existent et des intervenants s’y consacrent, dans le vaste marché de l’alimentation où les acteurs sont nombreux et le chemin entre la ferme et l’assiette, complexe.

L’emballage, un réel allié?

Au fil de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, la salubrité des aliments se doit d’être préservée afin qu’ils soient protégés des dommages et exempts de microbes et de bactéries. L’industrie a comme responsabilité d’éliminer les risques associés aux contaminant en bloquant les pathogènes dangereux, qui sont à la source de fréquents rappels de produits alimentaires, notamment dans le secteur des viandes. L’emballage est souvent celui qui remplit une partie de cette fonction. Au-delà de la sécurité alimentaire, l’emballage peut aussi concrètement prolonger la durée de vie des aliments, et cela sans avoir recours à la stérilisation ni à l’ajout d’agents de conservation artificiels. Sans tomber dans le suremballage, il est possible d’optimiser l’emballage de façon à diminuer les pertes autant chez le détaillant que le consommateur.

Une durée de vie prolongée

La technologie de l’atmosphère modifiée est souvent utilisée pour augmenter le temps de conservation des aliments. Les emballages « barrières » sont notamment conçus de façon à empêcher l’oxygène d’entrer dans l’emballage, ce qui peut ralentir le vieillissement des aliments. Le conditionnement en atmosphère modifiée est particulièrement efficace pour les aliments riches en matières grasses, comme la viande et la volaille, car cette méthode ralentit la croissance microbienne et empêche les aliments de rancir en réduisant leur contact avec l’oxygène. Par exemple, certains emballages vont jusqu’à doubler la durée de conservation des protéines fraîches.

Le choix des matériaux utilisés pour créer un emballage avec une fonction de préservation dépend de plusieurs facteurs, dont la température d’entreposage recommandée pour l’aliment, l’humidité relative du contenu et l’effet de la lumière sur celui-ci, entre autres. Le polyéthylène téréphtalate, le plastique rigide utilisé pour fabriquer entre autres les bouteilles d’eau et de boissons gazeuses, possède des propriétés de barrière intéressants; Cascades l’utilise notamment pour fabriquer des emballages qui prolongent la durée de vie des protéines fraîches, en s’assurant d’y intégrer 100 % de matières recyclées, contribuant du même coup à donner vie à l’économie circulaire.

Conservation à température optimale

L’écart entre la température idéale de préservation d’un aliment et les variations qu’il subira est un autre facteur qui joue sur la durée de vie d’un aliment. Alors que le nombre de bactéries peut aller jusqu’à doubler en 20 minutes pour certaines viandes et volailles laissées à température ambiante, une gestion optimale de cette température peut aider à diminuer les pertes. Le fait d’avoir le bon emballage pour le bon produit a des effets sur la conservation des aliments au fil de la « chaîne de froid ».

Avec l’ébullition du marché du prêt-à-cuisiner a également surgit le défi de préserver la fraîcheur des aliments jusqu’à leur livraison à la porte des clients, dans des conditions météos souvent variées et imprévisibles. Des options à faible empreintes environnementales existent, notamment des boites isothermes faites majoritairement de carton recyclé qui sont également recyclables. Leur système d’isolation permet de garder les aliments frais de nombreuses heures à la température optimale pour eux. Un avantage des repas prêt-à-cuisiner est qu’ils sont généralement servis en formats pré-portionnés, ce qui entraine moins de gaspillage alimentaire.

La modération a souvent meilleur goût

Pour le gaspillage alimentaire comme pour d’autres questions environnementales, la réduction est souvent la base de la solution. Se questionner sur les raisons qui justifient une perte d’aliments peut aussi amener de saines remises en question. Doit-on vraiment jeter cet aliment qui est moins beau, mais toujours bon? Est-ce que le rejet se justifie par une perception, ou sur des faits? Nous sommes curieux de vous lire : avez-vous d’autres suggestions pour réduire le gaspillage alimentaire?

Sources :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1166014/emballage-plastique-gaspillage-aliments

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1139798/nourriture-canada-etudes-solutions-viande-legumes-empreinte-ecologique-reduire

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À propos de l'auteur
Mathieu Roberge

Directeur technique de la division de Cascades Groupe Produits Spécialisés, Mathieu Roberge a amorcé sa carrière dans l'entreprise il y a dix-huit ans en tant que chimiste au Centre de recherche et développement de Cascades. Après cinq ans à travailler sur des projets pour les différentes divisions de la compagnie, il s’est dédié au développement de produits ainsi qu’au soutien technique pour les usines de polystyrène de Cascades. Il a, par la suite, rapidement été promu en tant que Directeur en recherche et développement pour la division Emballage produits de consommation de Cascades qui est spécialisée dans la conception et la fabrication d’emballages pour les produits frais, ainsi que pour les biens de consommation. Mathieu est maintenant responsable du développement, de la recherche et de l'innovation de l’ensemble des produits. Il gère également l’amélioration des processus de fabrication sans compter son implication en tant que conseiller et coach dans le programme d’emballage responsable de Cascades. Au cours des années, Mathieu et son équipe ont accumulé plusieurs succès en matière de produits d’innovation tels que la réalisation de EVOK®, la première barquette de polystyrène contenant 50 % de matières recyclées et Integral(MC), un emballage rigide fait à 100 % de matières recyclées post-consommation.

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